L'oisiveté du soir nous pousse à tous les vices, toutes les envies, toutes les résolutions, toutes les idées ou encore tous les plans super foireux.
C'est vraiment surprenant qu'il n'y a que le soir que l'on pense être capable d'autant de changements, on pense à toutes les manières d'arriver à ce que l'on veut faire, comment cela pourrait s'orchestrer et on se persuade de telle manière à ce que l'on y croit encore le lendemain...
On pense être capable d'aller voir untel, de s'amuser avec unautre, ou encore de partir sur une idée super bancale avec trucmuche.
A quoi cela est-il donc dû ?
C'est comme si on était trop fatigué de la journée passée, notre esprit est las, il a ses herses levées et son pont-levis abaissé. Résultat : toutes les idées qui rataient le test d'identification légale au sein de notre château-fort qu'est notre cerveau, se retrouvent subitement projetées à l'intérieur avec juste le bon côté des choses.
Autant en journée, il nous arrive plus souvent de nous demander "Pourquoi ?" qu'en soirée de nous demander "Pourquoi pas ?". Pris à part chacune est incomplète sans l'autre car ne nous montrant qu'une seule manière de raisonner ; La première a tendance à vouloir comprendre ce que cela apporte après avoir évalué les risques, la deuxième se contente d'être charmée par l'aspect bling-bling de l'idée et donc sous-estime l'idée des risques car émoussée par ce qui paraît tentant...
L'un fait peur, l'autre est laxiste ; que choisir ?
Ha mais en fait...ce serait pas moins bête de se poser les 2 EN MÊME TEMPS ?
Si. Mais on le fait pas. C'est con hein ? oui je sais il ne faut pas prendre tous les gens pour des cons mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont.
Pour en revenir à l'origine, on se rend compte avec le recul (et lorsqu'on ne s'est pas engagés) que nos idées du soir, "ho bah nan ça valait pas tellement le coup en fait" si on y repense au réveil, seul vrai moment quotidien de lucidité de la journée. Mais là où le plus dangereux est, c'est aussi au niveau du coeur, je m'explique : s'ouvrir aux idées est déjà suffisamment dangereux en soi si l'on y pense qu'à ce moment-là, mais s'ouvrir aux émotions sans robinet ni valve peut être aussi, voire plus, dangereux. On voit tout en grand, que tout est beau, tout est zouli, tout est trop de la balle, etc...
Et comme le cerveau humain est souvent borné et limité, une fois qu'une idée nous a semblé plausible l'espace d'une seconde, on s'auto-persuade de la véracité de celle-ci et l'on y croit donc dur comme fer, contre toute raison et logique, même si cela revient à croire que l'on est amoureux du cochon-d'inde du voisin... Ralala triste époque, n'est-ce pas ?
Malgré tout, je ne nie pas l'utilité que peuvent avoir nos pensées nocturnes ou notre raisonnement des ténèbres : si l'on est trop borné en journée et trop ouvert en soirée, ne peut-on pas profiter de celle-ci pour s'exprimer pleinement envers une personne à qui l'on sait très bien ce que l'on ressent mais qu'on ose rien dire une fois le soleil étant au beau-fixe ?
Ce doit être l'un des seuls points positifs, car cette fatigue et lassitude dans lesquels arrivent notre cerveau ont, pour certains points, des similitudes avec l'alcool sur le relâchement de soi-même et l'état vraiment naturel...
Mais je reste sur le point de vue qu'il ne faut jamais prendre de décisions le soir... s'exprimer, oui, s'engager, non.

